Focus, Musique — 27 juillet 2010 22 h 00 min

MapJazzy : Du jazz au pop-rock, le duo « s’aime » sa musique au fil des bars

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Au hasard d’un soir, dans un café, MapJazzy m’est tombée dessus…

Un regard, un échange. Puis un secret susurré par cette chanteuse à la voix suave et son joueur de clarinette basse, dont on ne sait plus bien s’il joue l’instrument ou si l’instrument se joue de lui; une nuit à y repenser… Pas question que ça reste un coup d’un soir. Je tente l’initiative risquée du premier appel. MapJazzy répond, le début d’une relation ? Possible… Pour se connaître, j’ai jeté ça et là des mots sur lesquels j’ai laissé MapJazzy  ricocher.

MapJazzy…

Raul: C’est un hommage à l’histoire de la musique du XXème siècle avec une relecture jazz. On emprunte au jazz sa liberté, son instabilité, le fait qu’avec lui, tout puisse changer d’un jour à l’autre. Map pour les initiales de Merle-Anne Prins-Jorge, notre chanteuse à la voix extraordinaire. C’est aussi une référence à la mappemonde, pour mieux traverser les frontières.

Merle-Anne: Avec MapJazzy, on essaie de lutter contre la mort de la vie nocturne à Paris. D’apporter un peu de douceur à cette capitale qui se fait moins bruyante qu’avant. L’idée, c’est de pouvoir venir jouer partout, dans le maximum de lieux publics ou chez des particuliers pour faire découvrir le jazz aux amateurs autant qu’aux non-initiés. Si en buvant un coup, un air fredonné attire leur attention, nous sommes les grands gagnants de la soirée. La transmission est quelque chose de très important. Pour nous, elle fait partie de la musique.

Références…

Merle-Anne : On emprunte à tous les répertoires connus que l’on aime : aussi bien des classiques du jazz comme Ella Fitzgerald, Janis Joplin, Louis Armstrong, Sarah Vaughan, que de la pop ou des musiques du monde : les  Beatles, U2, Police, Joao Gilberto, Henri Salvador. On tourne avec une trentaine de morceaux mais on continue d’élargir notre palette. Il y a tellement de belles chansons.

Raul : Il y a aussi Bobby Mac Ferrin ! Tuck and Patti, un duo couple que nous aimons beaucoup et Eric Dolphy, grand saxophoniste clarinettiste. Pour le silence : Miles Davis, pour cette envie de jouer notre musique dans les bars : Akosh, enfin, Musica Nuda, un groupe italien pour l’hommage aux grands standards de la musique. Mais en règle générale, on aime la soul, le jazz, le funk, le groove. On est très black music !

Je pense vraiment que le rôle du chanteur, c’est d’être un guide, emmener à la découverte ou la redécouverte de plusieurs sons. Nous travaillons actuellement sur un album plus pop-rock : Big Biz (comprendre « Big bisous », un mot doux coutumier du duo musical)

(Pour l’énergie, pas de doute! Allez voir l’extrait vidéo de Taratata, chanson extraite de l’album en cours)

Voyages…

Raul (rêveur) : Ce projet a débuté par un voyage : celui d’un italien venu tout droit de  Catanzaro en Calabre à Paris pour passer son bac et étudier le Jazz.

Puis, un autre voyage, plus récent, celui de Merle-Anne en Italie qui a donné lieu au projet Mapjazzy.

Merle-Anne : Tout est histoire de voyages depuis mes origines… La traversée d’un homme venu d’Afrique (Angola) qui a fait la rencontre d’une femme en France. Ils conçoivent un enfant à Rome qui naîtra à Paris. (Merle-Anne)

Le voyage est aussi le but de ce projet : chercher à transporter les musiques. On est basé à Paris mais le disque sortira d’abord en Italie, car nos premiers concerts se sont déroulés là-bas.

Un voyage encore dans le monde du silence parce qu’il est aussi musique.

Amour…( le duo est aussi couple dans la vie)

Merle-Anne : Ma grande tante Juliette disait: « Tu n’as pas connu l’amour tant que tu n’as pas connu un Italien! » (Rires)

Raul : Nous, c’est l’histoire d’amour d’un être avec son double (…)

Merle-Anne (l’interrompant) : « Il est bavard! Intarissable sur ce sujet! » me glisse-t-elle en aparté.

Disons que Nous, c’est depuis toujours. J’aime à dire que c’est un France-Italie sans coup de boule à la fin !

Raul : On s’est mis ensemble il y a 15 ans durant notre formation musicale au CIM de Paris (école de jazz et de musiques actuelles) puis, pendant 10 ans chacun a vécu sa propre histoire. On s’est finalement retrouvé autour d’envies musicales. J’avais écrit des chansons que je pensais chanter moi-même, mais j’ai vu en Merle-Anne la parfaite interprète.  Un amour qui a donné naissance à un disque, mais aussi à un bébé!

Merle-Anne: Justement, dans le titre Dans mes rêves qui est une de nos compositions, je parle de cet amour partagé entre la musique et la maternité : « J’ai laissé ma fille dormir seule à la maison pour vivre mes rêves…. ». Il y a un côté utopiste à vouloir faire l’artiste…

De toute façon, on est très love, très spirituels…

Raul : Très soul quoi (…)

Merle-Anne: Un autre mot vite! (rires)

Alors ce sera : Paris…

Merle-Anne: Ah ! C’est là que tout a commencé ! Là où l’on habite, où l’on démarre nos projets, notre histoire. C’est la plus belle ville du monde. Mais pour y être bien, il faut voyager. Paris ne tolère pas la médiocrité. Il y a ici une intellectualisation de tout qui stimule mais qui est peut-être un peu trop présente… Les échanges dans les bars, tout ce bouillonnement, c’est à ça que nous sommes attachés.

Raul : C’est une vraie ville métisse. Merle-Anne me donne ce petit côté parisien, cet amour du bouillonnement. N’étant pas natif de la capitale, je n’en suis pas encore blasé ce qui me permet de lui redonner à mon tour régulièrement le goût de Paris. C’est un échange.

Merle-Anne : C’est vrai que je ressens une déprime générale : ici mais aussi partout ailleurs, les gens sont las, exténués. Ce monde est trop violent. Ce nouveau temps que l’on impose est trop violent : il faut aller toujours plus vite, devenir star à 20 ans avant que cela ne soit trop tard. Le fameux « time is money » a fait des ravages. La musique, c’est avant tout de l’air qu’on déplace et qui vient faire vibrer les petits duvets des oreilles. Une sensation qui fait du bien. Un côté doux, enveloppant, le côté féminin de Paris.

Improvisation…

Merle-Anne: Là maintenant tout de suite?!

Raul: Oh oui!!!!

Bobby McFerrin- Don’t worry, Be Happy- par MapJazzy. Version a cappella sur fond sonore d’ambiance de bar!

MapJazzy- Don’t Worry, Be Happy –

MapJazzy c’est aussi une actualité:

– Le projet Mapjazzy:

Enregistrement du disque Voice Link prévu fin juillet. Plus d’info sur le myspace : http://www.myspace.com/mapjazzy (Attention la qualité son est bien meilleure en vrai que dans les vidéos !!)

– Le projet Big Biz :

L’album est déjà enregistré. Il sortira d’abord en Italie mais seulement après la sortie et la digestion de Voice Link.

Photos: (c) Manon El Hadouchi

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Manon El HadouchiAuteur : Manon El Hadouchi (7 Posts)

Aime: les décalés, les périphériques, les étrangers, les dérangés, les gens perchés Aime pas: les citations pompeuses, les derrières trop lisses, les copies conformes, et les bouts du nez. Pour le reste, j'ai pas d'avis.

 

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