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Figaro fait un bon mariage

copyright : Photo Lot

C’est dans une Andalousie orientalisante (au son de Radio Tarifa !) que nous invite Henri Lazarini à assister au « Mariage de Figaro » pièce phare de Beaumarchais à qui la légende prête les prémices de la Révolution Française.

Mozart l’adaptera (toujours à la fin du XVIIIe siècle), pour en faire son célèbre opéra, « Les Noces de Figaro », œuvre parfois plus connue du grand public que la pièce elle-même, alors que le drame reste d’un intérêt évident aux oreilles du public moderne.

Les acteurs font tout pour cela, jouant le texte classique de manière très audible, les mots sont drôles, fins, bien maîtrisés par chaque acteur. Les relations entre les personnages sont pleines d’ironie, la plus importante (et la plus réussie), celle de Figaro et Suzanne, est d’une pimpante fraîcheur quadragénaire.

Les personnages évoluent dans une mise en scène qui, encore une fois, laisse toute la place au texte et à ses effets. Peu de mouvements (juste ce qu’il faut), pas d’effet de foules, tout juste quelques changements de lumières soutiennent l’intrigue qui n’aurait pas vraiment besoin d’autre chose qu’un plateau nu.

Figaro dans ce personnage de rebelle élégant, impétueux, désinvolte face à son maître, le comte, finalement tourné au ridicule de façon collégiale font mouche auprès du spectateur d’aujourd’hui. L’intelligence des domestiques face au pouvoir despotique est savoureuse. Autre richesse du drame de Beaumarchais : il nous rappelle l’incroyable amusement et source de réflexion qu’un auteur peut tirer de l’opposition homme / femme. Ici montrée par l’extraordinaire variété de sentiments qu’apportent l’opposition de nos différences, cette guerre salutaire qui peut conduire, à la Révolution ?

Pratique : Jusqu’au 13 janvier au Vingtième Théâtre, 7, rue des Plâtrières (75020, Paris). Réservations par téléphone au 01 48 65 97 90 ou sur www.vingtiemetheatre.com. Tarifs : entre 13 € et 25 €.

Mise en scène : Henri Lazarini

Avec :  Stéphane Rugraff, Frédérique Lazarini, Denis Laustriat, Isabelle Mentré, Nicolas Klajn et l’Atelier Théâtre de La Mare au Diable