Focus, Théâtre — 16 juillet 2018 13 h 12 min

[Théâtre – Avignon] Chloé Dabert prend Racine avec Iphigénie

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Victoire Du Bois dans le rôle d’Iphigénie © Christophe Raynaud de Lage / Festival d’Avignon

 

Tout y est mais, la dernière mise en scène de Chloé Dabert ne parvient pas à faire taire les mauvaises critiques. Les vers de Racine sont loins d’être incarnés et les acteurs n’arrivent pas à s’approprier le texte. Cette adaptation d’Iphigénie, prometteuse pourtant, est froide. Une lourde déception dans le splendide cloître des Carmes qui accueille la pièce.

La guerre de Troie se prépare et le roi de Mycènes consulte les oracles car le vent ne souffle plus. Sa fille, Iphigénie, doit être sacrifiée pour regonfler les voiles des bateaux arrêtés depuis trois mois déjà. Promise à Achille, la princesse se résout au sacrifice de sa vie et sauver de son geste la gloire de son père. L’audace de Chloé Dabert de s’attaquer à ce classique est ici à souligner, tant elle a l’habitude des textes contemporains. Pourtant cela ne suffit pas pour être convainquante, malgré un certain nombre de très bonnes idées. 

Les costumes impeccables, noirs et blanc ou gris-bleus, donnent toute leur splendeur aux personnages illustres de la pièce de Racine. Adroite mise à jour des nobles caractères inspirés de la mythologie grecque. Mais quels caractères ? Totalement bloqués par la forme du vers, les protagonistes manquent cruellement d’incarnation, de liberté de jeu. Complètement enfermés dans des mouvements rigides et souvent assez lourds, ils récitent lentement, sans même parfois échanger ne serait-ce qu’un regard. Iphigénie est un texte qui appelle au tragique, à un haut sentiment propre aux aristocrates, les figures de ce drame. Chloé Dabert le sait, mais l’effleure seulement.

La très belle bande sonore pallie un peu à ce manque, mais ne comble pas assez les vides d’expression qui accidentent la scène. La scénographie profite peu de l’espace magnifique, en plein air de surcroît. La pierre du cloître des Carmes subit quatre étages de ferraille : image du royal campement ou la proue d’un bateau ? On ne sait plus très bien. L’impression générale est de l’ordre de l’ennui mais peut-être surtout de la déception.

 

« Iphigénie » d’après Racine, mis en scène par Chloé Dabert
Dates de la tournée 2019 sur : https://www.theatre-contemporain.net/

 

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Auteur : Philippine Renon (22 Posts)

 

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