Ciné / TV, Focus — 27 novembre 2012 11 h 00 min

La rébellion de Kim Nguyen

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Ce film aux allures de documentaire est un chef d’oeuvre. N’ayons pas peur des mots. Réalisé par un cinéaste canadien quasiment inconnu de ce côté de l’Atlantique (Kim Nguyen), il devrait sortir ce mercredi dans quelques (trop) rares salles de cinéma françaises. Prix d’interprétation féminine au dernier Festival de Berlin, la jeune Rachel Mwanza incarne une enfant-soldat inoubliable.

 

Le scénario est tristement classique: des rebelles déferlent sur un petit village africain et kidnappent de jeunes enfants pour en faire des soldats. Pour s’assurer qu’ils ne chercheront pas à revenir sur leurs pas, ils les contraignent aux pires atrocités. La fidélité par le sang. Si on s’attend à voir autant de drames dans la vie d’un enfant-soldat, la vitalité dont elle fait preuve pour survivre, s’allier et aimer le bébé qu’elle porte est une heureuse surprise. 

 

Mais plus que l’histoire, c’est le sentiment d’authenticité qui donne au film toute sa valeur. On le doit, bien sûr, aux acteurs amateurs que Kim Nguyen a « trouvé » dans les rues de Kinshasa et qui campent des personnages plus vrais que nature. Mais surtout à une méthode de tournage originale qui laisse aux acteurs la possibilité de rester naturels et spontanés. Les scènes leur ont été présentées jour après jour sans que l’ensemble du scénario ne soit divulgué. Libéré de l’histoire, les acteurs ont laissé libre cours à leur imagination pour construire leurs personnages. L’ensemble donne au spectateur l’impression magique d’observer une tranche de vie plus vraie que nature.

De l’art brut au cinéma.

Date de sortie en France: 28 novembre 2012
Interdit aux moins de 12 ans – Durée du film: 1h30
Réalisé par Kim Nguyen, avec Rachel Mwanza, Alain Lino Mic Eli Bastien, Serge Kanyinda…

 

Rebelle

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Auteur : Amandine Talagrand (57 Posts)

On avait soif tout le temps. Une expo de peinture, des graffitis frais, un nouvel album, l’inauguration d’un atelier. On avalait notre salive jusqu’à la réouverture d’un musée. Une nouvelle vague d’invaders, une publication attendue, un bruit qui court et on voulait être parmi les premiers sur les lieux, goûter à tout avant tout le monde. Adorer, détester, encenser, reconnaître. On voulait atteindre cette source sortie de terre, se désaltérer enfin, on prenait un métro, un stylo, un papier et le lendemain, on crevait de soif à nouveau.

 

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